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L'agence immobilière excluait d'emblée les étrangers

Mardi, 5 Juillet, 2005
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Un réquisitoire d'une fermeté inédite. Huit ans de prison avec sursis, 8 000 euros d'amendes, fermeture temporaire de l'établissement et suspension des droits civiques : le procureur du tribunal de Toulouse s'est montré très ferme hier à l'encontre de Réjane M., directrice d'une agence immobilière, soupçonnée d'écarter les locataires étrangers de certains biens.

Sa directrice a comparu en correctionnelle hier à Toulouse
L'agence immobilière excluait d'emblée les étrangers

Toulouse : Philippe Motta
[05 juillet 2005]

Un réquisitoire d'une fermeté inédite. Huit ans de prison avec sursis, 8 000 euros d'amendes, fermeture temporaire de l'établissement et suspension des droits civiques : le procureur du tribunal de Toulouse s'est montré très ferme hier à l'encontre de Réjane M., directrice d'une agence immobilière, soupçonnée d'écarter les locataires étrangers de certains biens.

Les pratiques de l'agence Sud Location ont été portées à la connaissance de SOS-Racisme par une ancienne employée, Emilie, qui est venue expliquer au tribunal que, «quand un logement entrait sur nos listes, nous demandions au propriétaire les désirs ou réserves qu'il souhaitait exprimer. Quand il ne voulait pas louer à un étranger, nous portions les lettres P. E. sur la fiche pour «pas d'étranger». De fait, quand il s'en présentait un, nous usions de ruses pour le détourner.»

«Que pouvait faire Réjane M. ?, s'interroge son avocat, Me Eric Dardenne : donner au postulant l'illusion de pouvoir enfin se loger alors qu'elle savait que le propriétaire allait le récuser ?» Et d'avancer que «cette mention n'avait d'autre but que d'éviter de faire perdre du temps à tout le monde (...). Ma cliente était elle aussi soumise à une contrainte. En aucun cas, on ne peut l'accuser de racisme.»

«Le propos n'est pas de savoir sur quoi est fondé le choix qui détermine l'exclusion. Le sexe, la race... là n'est pas notre propos. On a la preuve qu'un dispositif a été mis en oeuvre pour tenir à l'écart une catégorie d'individus», plaide pour sa part Me Etelin, qui soutient la cause pour SOS-Racisme.

Défense et partie civile ont en revanche été d'accord pour regretter l'absence des propriétaires, qualifiés de «véritables instigateurs», devant le tribunal. Malgré une demande du parquet, ceux-ci n'ont pas été visés par l'enquête. Les juges diront le 3 août s'ils appuient les fermes sanctions requises par le procureur.

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