Le tribunal correctionnel de Thionville, qui a examiné mardi une affaire de "discrimination raciale" à l'entrée d'une boite de nuit en juillet 1999, rendra son délibéré le 11 juin à l'encontre des trois associés et du portier de l'établissement mis en cause. Le représentant du ministère public, Thierry Villardo, qui a souligné qu'une "jurisprudence pour des faits identiques existe déjà", a réclamé une peine de 2.250 euros pour les trois associés et une amende de 750 euros pour le portier. par groupes de deux ou trois, et accompagnées de Samuel Thomas, le vice-président de SOS-Racisme, et d'un huissier de justice, s'étaient vu refuser l'entrée de la discothèque le Mea Culpa à Thionville. Le portier, Joseph La Rocca a reconnu devant le tribunal avoir reçu des consignes de la part des responsables de la discothèque. Les trois associés, Pascal Barilaro, Vincent Vadala et Vincenzo Fosso, ont reconnu avoir dit au portier de "serrer un peu la vis". Me Francis Terquem, l'avocat parisien de l'association SOS-Racisme qui s'est constituée partie civile, a estimé que "ce genre de pratique déstructure le tissu social et porte les stigmates de l'Apartheid". Pour la défense, Me Jean-Marie Hemzellec a fait valoir que l'huissier, qui a constaté le rejet des jeunes d'origine maghrébine, n'a pas réalisé de constat à l'intérieur de l'établissement où se trouvaient, selon lui, d'autres jeunes d'origine maghrébine. L'opération de "testing" avait abouti au dépôt d'une plainte, par SOS Racisme, avec constitution de partie civile et à l'ouverture d'une information judiciaire en septembre 1999. L'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel avait été rendue en mai 2001. Deux des quatre prévenus sont poursuivis pour "discrimination dans l'offre ou la fourniture d'un bien ou d'un service à raison de la race", les deux autres pour "complicité". En octobre 2000, le gérant et les employés de la même discothèque avaient déjà été condamnée à un total de 35.000 francs (5.336 euros) d'amende pour avoir refusé l'entrée à une femme d'origine maghrébine le 1er août 1999, soit une semaine après le "testing" de SOS Racisme. L'affaire examinée mardi devant le tribunal correctionnel de Thionville avait déjà été renvoyée deux fois, une première fois en raison de la grève des avocats et la seconde fois en raison d'une demande de l'avocat de la défense Me Thomas Hellenbrand qui devait plaider dans une autre région.



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