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France : Couleur correcte exigée

Mardi, 21 Février, 2006
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Une enquête sur les discriminations raciales dans le magazine Pièces à conviction

Vendredi 24 février à 23h40 sur France 3

Caméras embarquées pour testing choc
La justice française semble encore réticente à considérer le testing comme une démarche valable dans l’établissement d’une preuve de discrimination raciale. L’équipe du magazine d’investigation Pièces à conviction, sur France 3, n’a pas ces préventions. Elle fait sienne une pratique d’enquête sur le terrain développée depuis 1996 par Sos racisme : avec une caméra (souvent cachée), les enquêteurs foncent au guichet de sociétés de recrutement de personnel, dans les agences immobilières ou à la porte des discothèques, pour bien démontrer l’évidence : le candidat noir ou arabe est systématiquement recalé, tandis que simultanément le candidat blanc est bien accueilli. Cela en devient une rengaine presque lassante, à force de répétition.
Au vu de ces flagrants délits, les enquêteurs de France 3 demandent, non plus aux simples exécutants (vigiles et employés) mais aux directions : y a-t-il des consignes précises ? S’agit-il de cas isolés ou plutôt d’une pratique généralisée ? Les pièces à conviction qui s’accumulent en ce sens tout au long de l’émission accusent. Se pose dès lors aussi la question des sanctions possibles et de leur efficacité.

Contourner les discriminations, partir à l’étranger, ou se battre ici sans relâche ?
Sur le plateau d’Elise Lucet, Louis Schweitzer, le président de la toute nouvelle Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), a fort à faire. Car derrière cette “belle initiative”, dit France 3, “pour ceux qui souffrent tous les jours, rien ou trop peu a été fait… ”.
Et les personnes discriminées, parmi lesquelles de nombreux titulaires de diplômes supérieurs et de sérieuses qualifications professionnelles, n’entendent plus “masquer au maximum leurs origines” pour être acceptées. Afin de contourner la discrimination, des sociétés se sont spécialisées dans le recrutement des Français issus de l’immigration, pratiquent le coaching à l’américaine.
D’autres, tel Hamid Senni, se sont exilés à la City de Londres, où ils ont l’impression de se voir enfin reconnus, et rêvent d’importer le modèle anglo-saxon de la diversité au sein des entreprises françaises.
Laurent Gabaroum, quant à lui, 54 ans, Français d’origine tchadienne, continue de se battre chez Renault contre le blocage de sa carrière. Officiellement cadre au service après-vente, il est en réalité sans affectation. Et si Renault a été condamné à 120 000 euros de dommages et intérêts, le Conseil des Prud’hommes n’a pas reconnu la discrimination raciale. Le plaignant a fait appel.

Mogniss H. Abdallah
Agence IM'média

[21/02/2006]

 

Mots-clés : télévision, discrimination, racisme

 

Repères :

Couleur correcte exigée, le 24 février 2006 sur France 3 à 23h40.
La tête de l’emploi, Touche pas à mon appart !, Testing discothèque : reportages-enquêtes de Fabrice Turpin et Olivier Fabien.
En plateau, débat animé par Elise Lucet avec Louis Schweitzer (Halde), Samuel Thomas (Sos racisme), Khalid Hamdani (consultant en ressources humaines), Patrick Malvaës (Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs), Jean Perrin (Union nationale de la propriété immobilière) et Marie-Flore Agbotton (jusriste Bac + 5 au chômage).

Site web de France 3

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