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Azouz Begag s'attaque au délit de sale gueule

Mercredi, 27 Juillet, 2005
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Le nouveau ministre à la Promotion de l'égalité des chances met en place à partir d'aujourd'hui un plan contre la discrimination à l'entrée des discothèques. Avec notamment la promesse de règlement des infractions en temps réel et de sanctions pour les établissements

Azouz Begag s'attaque au délit de sale gueule


 

 

 

PLACE aux travaux pratiques. Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances depuis juin, lance son premier chantier. Il annonce dans nos colonnes la mise en place, à compter d'aujourd'hui, d'un « dispositif d'action immédiate » pour lutter contre les discriminations à l'entrée des discothèques. Son plan contient deux volets : si une personne qui se dit victime de discrimination à l'entrée d'une boîte compose le 17, une patrouille de police doit se rendre immédiatement sur place pour régler et recenser l'incident. D'autre part, les établissements soupçonnés de pratiques discriminatoires seront désormais surveillés par les forces de l'ordre. Il s'inspire en fait de son idée de « brigade antidiscrimination » (BAD) - en l'allégeant - qu'il avait formulée dans un rapport remis en décembre à Dominique de Villepin, « la République à ciel ouvert ».

« Il aurait dû aller jusqu'au bout de son idée »

Le dispositif, mis en place avec le ministère de l'Intérieur, le parquet de Paris et la préfecture de police de Paris, concerne dans un premier temps la capitale, ville où SOS Racisme recense le plus de discriminations lors de ses testings (opération consistant à présenter à l'entrée de discothèques des jeunes d'origine européenne puis des jeunes d'origine maghrébine ou africaine afin de repérer si une sélection est opérée sur des critères raciaux). Il devrait être étendu à tout le territoire « avant la fin de l'année ». En prenant connaissance du plan Begag, Samuel Thomas, le vice-président de SOS Racisme, s'étrangle : « C'est tout ? » Quelques minutes plus tard, il s'explique : « Que des policiers se déplacent immédiatement pour dresser des PV de flagrant délit, c'est essentiel... Mais c'est déjà ce qu'ils devraient faire puisque c'est ce que prévoit la loi. C'est donc la moindre des choses. » Il ajoute : « Sans attendre une décision de justice, les ministres ont le pouvoir de demander aux préfets de faire fermer pendant quinze jours ou trois semaines des établissements pour trouble à l'ordre public. De leur propre aveu, c'est ce que craignent le plus les propriétaires de discothèques. Cela s'est fait à Reims et à Tours. » Pour Samuel Thomas, Azouz Begag s'est montré frileux : « Il aurait dû aller jusqu'au bout de son idée de brigades et former des équipes de policiers spécialisés dans la lutte contre les discriminations. »

 

M.D.

Le Parisien , mercredi 27 juillet 2005

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