Azouz Begag s'attaque au délit de sale gueule
PLACE
aux travaux pratiques. Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité
des chances depuis juin, lance son premier chantier. Il annonce dans nos
colonnes la mise en place, à compter d'aujourd'hui, d'un « dispositif
d'action immédiate » pour lutter contre les discriminations à l'entrée des
discothèques. Son plan contient deux volets : si une personne qui se dit
victime de discrimination à l'entrée d'une boîte compose le 17, une
patrouille de police doit se rendre immédiatement sur place pour régler et
recenser l'incident. D'autre part, les établissements soupçonnés de pratiques
discriminatoires seront désormais surveillés par les forces de l'ordre. Il
s'inspire en fait de son idée de « brigade antidiscrimination » (BAD) - en
l'allégeant - qu'il avait formulée dans un rapport remis en décembre à
Dominique de Villepin, « la
République à ciel ouvert ».
« Il aurait dû aller jusqu'au bout de son idée »
Le dispositif, mis en place avec le ministère de l'Intérieur, le parquet de
Paris et la préfecture de police de Paris, concerne dans un premier temps la
capitale, ville où SOS Racisme recense le plus de discriminations lors de ses
testings (opération consistant à présenter à l'entrée de discothèques des
jeunes d'origine européenne puis des jeunes d'origine maghrébine ou africaine
afin de repérer si une sélection est opérée sur des critères raciaux). Il
devrait être étendu à tout le territoire « avant la fin de l'année ». En
prenant connaissance du plan Begag, Samuel Thomas, le vice-président de SOS
Racisme, s'étrangle : « C'est tout ? » Quelques minutes plus tard, il s'explique
: « Que des policiers se déplacent immédiatement pour dresser des PV de
flagrant délit, c'est essentiel... Mais c'est déjà ce qu'ils devraient faire
puisque c'est ce que prévoit la loi. C'est donc la moindre des choses. » Il
ajoute : « Sans attendre une décision de justice, les ministres ont le
pouvoir de demander aux préfets de faire fermer pendant quinze jours ou trois
semaines des établissements pour trouble à l'ordre public. De leur propre
aveu, c'est ce que craignent le plus les propriétaires de discothèques. Cela
s'est fait à Reims et à Tours. » Pour Samuel Thomas, Azouz Begag s'est montré
frileux : « Il aurait dû aller jusqu'au bout de son idée de brigades et
former des équipes de policiers spécialisés dans la lutte contre les
discriminations. »
M.D.
Le Parisien , mercredi 27 juillet 2005



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